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28 novembre 1946 : le « Jour de trop ».
A la Libération, Éluard est un poète heureux : fêté
par tous et invité partout, il voit encore sa gloire accrue quand
paraît Poésie ininterrompue en janvier 1946.
Mais, imprévisible, tombe le " jour en trop " : le 28 novembre 1946,
Nusch, la fidèle compagne depuis dix-sept ans, succombe brutalement
à une hémorragie cérébrale, ce qui plonge Paul
au bord de la folie et du suicide. Pour Éluard, " le temps déborde
".
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Nusch vers 1930.
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1947-1952 : Éluard s’ouvre aux autres.
" J'étais si près de toi que j'ai froid près des autres
" : voilà ce que crie le poète désespéré.
Ce sont pourtant les " autres " qui, cinq années encore, vont lui
redonner le " dur désir de durer " : ses proches le choient ; ses
camarades communistes l'entourent d'une chaleur admirative... Les " autres
", ce sont aussi ces poètes du passé qu'il relit journellement.
Les aimant, il veut les faire aimer. Deux anthologies répondent à
ce projet amoureux :
Le Meilleur Choix de Poèmes est celui que
l'on fait pour soi (fin 1947) et
la Première Anthologie vivante
de la Poésie du Passé (1951 ).
Les " autres ", c'est enfin le monde entier, car Éluard comprend bientôt
que là réside " le seul abri possible ". En ces années
d'après-guerre, on le voit en Grèce, en Pologne, en Tchécoslovaquie,
à Moscou, à Mexico, qui prêche pour une paix et un bonheur
universels, cependant que les
Poèmes politiques (1948) et
Une
Leçon de morale (1949) chantent les retrouvailles de la littérature
et du militantisme.
Les " autres ", enfin, s'incarnent dans le visage d'une jeune femme : Dominique,
rencontrée lors d’un voyage au Mexique en 1949 et épousée
en 1951. Cette ultime passion prouve à celui qui, somme toute, n'en
a jamais douté, que la vie peut et doit être faite d'amour ininterrompu.
Dans Le Phénix - dernier recueil poétique publié de
son vivant (1951) - le poète célèbre une biographie
qui fut d'abord biographie amoureuse.
Éluard, très malade, travaille à
Poésie ininterrompue
II.
Le 18 novembre 1952 Il succombe à une crise cardiaque. Ses funérailles
furent grandioses. On l'enterra au Père-Lachaise, dans l'allée
" réservée " aux notables du Parti communiste. Un rosier ombrage
sa tombe.