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1895-1918 : Les déboires d’Éluard.

Le 14 décembre 1895, Eugène Emile Paul Grindel naît à Saint-Denis, sa mère Jeanne est couturière , son père Clément Grindel est, tout d’abord comptable, puis en 1900 Monsieur Grindel s'installe à son compte et son cabinet immobilier, modeste d'abord, ne tarde pas à prospérer. Ce qui permettra à Paul de ne pas avoir besoin de travailler pour gagner sa vie.

Les Grindel déménagent souvent. Aussi l'enfant est-il successivement écolier à Saint-Denis, Aulnay-sous-Bois et Paris, le Paris populaire du quartier de Clignancourt. Malgré toutes ces pérégrinations, le jeune Eugène est un très bon élève. Ce qui lui vaut une bourse : à 14 ans, il entre ainsi à l'école primaire supérieure.


Éluard à Clavadel fin 1913
A l’age de 16 ans, Eugène Grindel obtient le brevet. Mais ce grand garçon carré a les poumons fragiles : la mère et le fils partent en vacances vers l'air pur des montagnes suisses.
Les médecins diagnostiquent une tuberculose pulmonaire, ce qui le contraint à arrêter ses études. Le jeune homme fait donc un long séjour (décembre 1912-février 1914) au sanatorium de Clavadel en Suisse.

Durant sa cure, paul Éluard découvre, non seulement, des paysages enneigés et purs, baignés d’une lumière crue, mais aussi l’Amour avec Helene Dmitrievna Diakonova, une jolie Russe aux beaux yeux, dont il s'éprend et qu'il baptise GALA.
S’imprégnant des poètes modernes d’un part (Baudelaire,  Nerval, Lautréamont, ainsi que, sans doutes, des romantiques anglais et allemands), contemporains d’autre part (Max Jacob et Apollinaire), il écrit son premier recueil de poèmes, édité le 1er décembre 1913 :  Premiers Poèmes  et sous-titré " Loisirs, Pierrot, Les cinq rondels du tout jeune homme ".

Paul et Gala songent au mariage, mais les deux famille s’y opposent. On décide donc de surseoir et Gala regagne sa Russie natale. Paul, apparemment guéri, revient à Paris en février 1914.

3 août 1914 : la guerre éclate. Le jeune homme est mobilisé dans le 21ème régiment d’Infanterie, puis affecté comme infirmier à l'hôpital d'évacuation n°18 d'Hargicourt dans la Somme. Paul est, jusqu'en 1916, un " guerrier appliqué " Paulhan. En août, il polycopie lui-même (à dix-sept exemplaires !) dix poèmes qu'il intitule très significativement Le Devoir. Il signe : Paul Éluard (nom de jeune fille de sa grand mère maternelle).

Les années 1916-1917 sont celles des grands carnages, de l'" enfer de Verdun ", de là boue et du sang. Après un bref passage en première ligne, le poète, faute de pouvoir être un " vrai " soldat, met son talent au service de l'inquiétude et de la paix : en juillet 1917, paraît la plaquette Le Devoir et l'Inquiétude, suivie, un an plus tard, des Poèmes pour la Paix. Ceux-ci attirent l’attention de jean Paulhan, futur directeur de la Nouvelle Revue Francaise (NRF), qui présente Éluard aux premiers surréalistes.

Pendant ce temps, Gala vient rejoindre Paul en 1916, en dépit de la guerre qui a éclaté. C’est au beau milieu du conflit qui est en train de déchirer l’Europe que leur mariage est célébré en 1917. En 1918, le couple donne naissance à une petite fille, Cécile, qui sera surtout élevée par ses grands-parents maternels.

11 novembre 1918 : signature de l'armistice.